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| Cheval-Jupon |2006/2007 | © Pierre Wayser 2007 |
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Cheval-jupon et vautours noirs.
Empalés sur les cactus.
Avec ces chenilles aux creux des troncs.
Nous allons dormir ici, en attendant le jour au bord de la pluie.
On sacrifiera une poule noire.
A celui qui a volé une heure de lumière.
Les crimes impunis sous le sable de l'archéologue.
La ville des dix millions de vaches sacrées.
Tuant au nom du dieu qui parle.
L'intenable présent, une excuse matinale.
Avec les gros chats gras, les serpents et les rats.
Soulèvement de sous-vêtements.
Au cratère éblouissant de lave.
Aux noires fumerolles de l'envie.
Réveillez-vous, réveillez-vous !
C'est le jour du phallus !
Le jour de la floraison, des renforts de la joie.
Du flux, de la poussée éructante, écartez-vous !
Au jardin vierge, la toxique virilité.
Un élément inaperçu du grand nombre.
Un mot en fleur.
La chose entière tenue entre deux planches, ce qui la rend très attractive.
De magnifiques livres pleins de superstitions.
Une chanson est un livre qui ne brûle pas.
La caresse des mots courant dans les veines.
Ondulant comme le corps du serpent émergeant de la grotte primitive.
Les mots sont des étoiles et la pluie sur ton visage de sang.
Avec les cônes de pin, les baies sauvages et les chandelles multicolores.
La poitrine aux fleurs écloses.
Elle s'invente elle-même, s'écrivant dans l'existence.
En ces temps où les hommes font sauter les routes à la dynamite.
Comme des enfants féroces arpentant les bois.
Mère de la nuit, grande étoile de Vénus.
Lève-toi et mets tes plus beaux habits !
Ou tu mourras de faim, ou ils te tueront de jalousie.
Combien de rayons de soleil pour te réchauffer ?
Les rêves nous rendent malades.
Et les cataplasmes à l'urine des femmes et de poésie.
Et les minuscules autels pour guérir leurs poupées.
Je vais les tuer avant qu'ils ne me tuent.
Sorcellerie pratiquée derrière la porte close du jardin.
Pends-ça, c'est pour toi !
Les hommes jouent de la harpe et les femmes, à l'arrière, portent l'encens brûlant.
Les quatre têtes de l'arbre qui parle.
Sa voix s'élevant derrière un rideau de roseaux.
Incitant les hommes à la rébellion.
Avec les trois pierres tombées du vent.
Il peut dire le nom de tes ennemis.
Une version moderne a été enregistrée lors d'une éclipse de lune.
Une prière, un ex-voto, des billets de banque.
Fais que la parole du patron soit meilleure pour nous qui souffrons !
Fais que le ventre des enfants soit rassasié !
La mère de l'eau est l'orage, la mère de la main est le pouce.
La mère a la double oreille, fille de l'éclair.
Comme la vierge sculptée au coin du palais colonial.
La sirène à la queue de serpent.
Aux multiples amants comme autant de petits vers rouges irritants.
Bavardage de cuisine, les maris sont absents.
Partis chercher les trésors vus dans le miroir de glace.
De la merde de soleil !
Tous recouverts de feuilles et d'ecchymoses à sauter parmi les rochers.
La tête mangeuse de charbons ardents.
Et tous les oiseaux-mouche attachés par un ruban vert.
Je pose le pied et marche sur le chemin de poussière.
La terre est si grande qu'elle ne peut être vue.
Son nom est si puissant qu'il est rarement mentionné.
Déesse sauvage et maîtresse de la forêt.
Qui nous crache et nous avale du berceau à la tombe.
Elle punit et commande d'infinis sacrifices.
Elle est la conscience de l'homme.
Nous allons dormir sur toi.
Nous allons nous allonger et nous reposer sur toi.
Nous allons tuer et faire l'amour sur toi.
Protège-nous des ongles brillants de la mort !
Des cailloux perdus dans les herbes.
Aux écorchés et à la viande jetée aux vautours.
Pour mettre fin à la sécheresse qui nous mord !
Tu nous brûles alors que nous n'avons rien fait de mal !
Laisse la gourde d'eau fraîche pour que la lune y lave sa face.
Laisse vivre les animaux et l'eau de rose.
Et rallonge nos jours avec la sueur de tes jambes.
Le bouton vert luisant du laurier et la jupe des femmes.
La boue, la coquille et le jaune d'oeuf et les aiguilles de pin.
Alors, le chien n'aboie plus à l'approche du fiancé ivre.
Elle s'agenouille sur la natte de paille et s'abandonne à la nuit.
Là où les os se réchauffent, là où la bière est amère et les citrons sucrés.
Nous traverserons le lac sur le dos d'un grand chien noir.
Tigre dansant et fourmi de velours.
Il est notre chair et nous le rêvons chaque nuit.
Pierre Wayser 2007
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